Le grand retour des festivals : dans les coulisses d’Art Rock

Après deux années d’interruption pour cause de COVID 19, cette année 2022 marque le retour des grands festivals. Parmi eux, le festival Art Rock, sacré meilleur festival urbain de France en 2018 aux festival awards, a rouvert ses portes dans sa forme habituelle du 3 au 5 juin 2022. 

Depuis sa création, il y a 39 ans, ce festival artistique et pluridisciplinaire a accueilli de grands noms tels que Miles Davis, Patti Smith, les Rita Mitsouko, Miss Tic ou encore Alain Bashung. Durant trois jours, pendant le week-end de la Pentecôte, la ville de Saint-Brieuc vit au rythme du festival et accueille 80 000 spectateurs autour de 70 concerts, spectacles et expositions. 

Pour orchestrer cela, les bénévoles, les salariés, les artistes et les équipes techniques se côtoient et travaillent ensemble pour que la fête reprenne et soit un succès.

Après deux années d’absence, la grande scène réapparait sur le parking Poulain-Corbion du centre-ville de Saint-Brieuc.
 
Carol Meyer, 36 ans, est directrice du festival depuis 2018. Elle a succédé à Jean-Michel Boinet, son créateur.
Depuis sa nomination par l’association Wild Rose, elle a dû annuler deux éditions. Cependant, une édition réduite avait pu voir le jour en septembre 2021 avec des jauges limitées et des places assises.
 
Dix journées sont nécessaires pour le montage du site.
Le budget d’Art Rock dépasse les 2 millions d’euros venus principalement de trois sources : les subventions, les partenariats et la billetterie.
 
Libérée des contraintes sanitaires, l’édition 2022 a réuni 80 000 spectateurs sur 3 jours.
Ce record est notamment dû aux 1000 personnes (prestataires de service, artistes, intermittents et bénévoles) qui interviennent tout au long du festival.
 
Parmi les artistes de la grande scène, Peter Doherty est venu présenter son dernier album, The Fantasy Life of Poetry and Crime, élaboré en France avec Frederic Lo. Il s’était déjà produit sur cette scène 12 ans auparavant.
 
Des techniciens et des bénévoles sont présents en permanence sur le côté de la scène, ils attendent les changements de plateaux. Chaque équipe artistique arrive avec ses propres instruments, ses propres décors. Ces changements doivent se faire dans le temps imparti d’une demie heure entre chaque concert.
 
Pendant le concert de Peter Doherty et Frederic Lo, un membre de leur équipe technique accorde les guitares.
 
Un mur de branchements sur le côté de la scène. Une commission de sécurité inspecte le site avant l’ouverture du festival.
 
Laurent fait partie des 600 bénévoles de l’édition, pour lui, c’est une première. Il est au service au bar de la scène B. « Une façon pour moi de m’investir pour le festival d’une autre manière. J’ai adoré retrouver le contact avec les gens après ces 2 ans sans presque rien. L’occasion de revoir aussi beaucoup d’amis perdus de vue, de passage à St brieuc . Ce sont 3 jours dans une bulle qui passent trop vite. Vivement l’année prochaine !  »
 
Au bar de la scène B, plus de 200 fûts de bière ont été vendus sur les trois jours de festivités. Chaque bar est tenu par une association briochine, ici, l’orchestre philarmonique de Saint-Brieuc. « Cela nous permet de partager autre chose que la musique avec les copains de l orchestre et de vivre une expérience nouvelle, certes éprouvante, mais enrichissante. » ajoute Laurent. 
 
François Mechin est technicien son à l’accueil de la scène B. Il travaille pour un prestataire privé.  Son rôle est de tout mettre en place pour que les équipes artistiques travaillent dans de bonnes conditions.
 
François Mechin est technicien son à l’accueil de la scène B. Il travaille pour un prestataire privé.  Son rôle est de tout mettre en place pour que les équipes artistiques travaillent dans de bonnes conditions.
 
La plupart des équipes artistiques ont leurs propres ingénieurs son. Lorsqu’il n’y en a pas, François Mechin prend le relais.
 
Pendant la soirée, un affichage indique en permanence le nombre de décibels dans la régie. Un micro est positionné près de la scène et permet de mesurer ce que les spectateurs entendent. « On ne doit pas dépasser 102 décibels pendant 15 minutes d’affilés. » précise François Méchin.
 
Un traiteur indépendant, aidé de ses 8 salariés en cuisine et de bénévoles au service, fournit 5200 repas en trois jours aux bénévoles, artistes, salariés et équipes techniques.
 
La chapelle Lamennais, désormais désacralisée et propriété de la ville de Saint-Brieuc, est transformée pour l’occasion en espace de catering. La cuisine est installée dans le chœur, tandis que les repas sont servis dans la nef.
 
La sécurité est gérée par une société privée sur tout le site du festival. Ils veillent sur le public, sur les artistes et sur les travailleurs
Pour filmer le public, les cadreurs peuvent monter sur un promontoir, derrière des barrières, dans la fosse. Un agent de sécurité les maintient pour éviter qu’ils ne tombent dans la foule.
 
Pour filmer le public, les cadreurs peuvent monter sur un promontoir, derrière des barrières, dans la fosse. Un agent de sécurité les maintient pour éviter qu’ils ne tombent dans la foule.
 
Le dernier jour, Carol Meyer et Alice Boinet, programmatrice du festival, organisent une conférence de presse et dressent un premier bilan. « Monter cette édition, réussir à ouvrir les portes, retrouver le public… Nous sommes soulagés de voir, enfin, qu’elle a eu lieu, ouf ! », confie Alice Boinet. Et Carol Meyer de conclure : « Vive Art Rock! On se retrouve pour les 40 ans! »